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Making a participative debate productiveMaking a participative debate productive
Intro/BackgroundLes médias sociaux répondent à la même logique de contributions que la plupart des récents modèles web : règle du 90-9-1% (utilisateurs passifs, contributeurs mineurs et contributeurs majeurs), qualité des contributions, fiabilité des sources, spam, troll, etc. Après quelques années de « mode participative », quelles sont les bonnes pratiques applicables ? Qu’attendre des contributions des internautes ? Quelle place leur laisser ? Comment augmenter le nombre de contributions ? Leur qualité ? Comment structurer, rendre cohérent cette masse d’information hétérogène ? Comment valoriser les « bons » contributeurs et limiter le pouvoir de nuisance des autres ?
Sources
Intervenants et animateursAnimateur : à définir , Th Vedel, Th Maillet Intervenants proposés : Laurent Mauriac (rue89.com), Carlo Revelli (Agoravox), Benoît Thieulin (Net-campagne SR/Désirs d’Avenir => Agence Internet, lanetscouade.com) VotesPierre-Yves Platini Alban Martin Thierry Maillet
CR
Note importante : il ne s'agit que d'un partie des discussions. N'hésitez donc pas à compléter ce CR et prolonger le débat : réflexions suite à cette session, documents en lien avec nos discussions, expériences auxquelles nous n'avions pas pensées...
Présents Laurent Mauriac (rue89.com) Carlo Revelli (Agoravox) Benoit Thieulin (la Netscouade) Thierry Vedel (IUP Paris) Jérôme Pascal (Goetz & Partners) Marina Alcaraz (Les Echos) Amaury de Buchet (faberNovel Consulting) Bertrand Horel (CELSA) Alban Martin (L’Age de Peer) Clément Alteresco (faberNovel) Jacques Rosselin (Antennes Locales) David Clavereau (la Netscouade) Pierre Allais (AF83) Ori Pekelman (AF83) Adrien Matray (faberNovel Consulting) Guillaume Champeau (Ratiatum.com) Julien Jacob (Obiwi) Paul Richardet (Silicon Sentier) Pierre-Yves Platini (faberNovel) Introduction par Thierry Vedel qui souligne les multiples dimensions que recouvrent les termes du thème de cette séance : un débat peut en effet prendre de nombreuses formes, le terme « participatif » suppose une multiplicité d’acteurs avec ce que cela implique d’inégalité , tandis que « productif » nous incite à nous interroger sur la finalité du débat lui-même.
On peut distinguer trois façons d’envisager le débat. La sociologie politique le voit comme un rapport de force, un moyen d’imposer son point de vue. La sociologie morale considère le débat comme un moyen de s’exposer à l’opinion des autres et d’atteindre une vérité, sous-entendant une sagesse collective. La sociologie pragmatique quant à elle se concentrera plus sur la stratégie d’argumentation et l’impact des outils/formats sur cette dernière et la nature des arguments. Second élément d’interrogation : la finalité du débat. Quel est le but du débat ? s’agit-il de décision, délibération ou du plaisir de l’échange (fonction phatique de l’échange) ?et comment positionner le site en fonction de cette finalité. Agoravox a, par exemple, pour but de faire émerger les meilleurs news tandis que le système mis en place pour la campagne de Ségolène Royal avait pour but d’organiser un débat. Enfin le collectif soulève la question de l’inégalité des participants devant un format donné (faut-il alors parler d’équité ? les outils web réduisent ou accentuent-ils ces différences ?), du pluralisme (faut-il publier tous les arguments ou privilégier les arguments strictement rationnels) et de la multiplicité (comment cumuler sans accumuler ? comment faire avancer le débat à travers des règles procédurales ou des outils technologiques).
Carlo Revelli présente le système de sélection des articles d’Agoravox, reposant sur un système de modération a priori par des modérateurs bénévoles (une quarantaine). Pour être publié, un article doit être approuvé par quelques modérateurs puis accepté par l’équipe Agoravox (traitement des copyrights et nombre d’articles déjà publiés sur le sujet). A titre d’exemple, en temps normal, environ 35% des articles proposés ne sont pas publié (contre 70% lors de la campagne présidentielle). Le système devrait évoluer et laisser une plus grande ouverture pour le recrutement des modérateurs. Les utilisateurs d’Agoravox ont en effet manifesté l’envie d’être plus impliqués dans le processus de publication du site (on retrouve la fonction phatique évoqué par Thierry Vedel).
Autre point soulevé : la transparence. On retrouve régulièrement une tension paranoïaque sur le web. Il s’agit alors d’exprimer clairement les règles auxquelles obéit le site (règles de modération, finalité du site, etc.). L’objectivation de ces règles est cependant un exercice difficile.
La modération a priori des commentaires est régulièrement utilisé dans les sites participatifs. Cette solution a cependant pour inconvénient de ralentir le débat (perte du lien avec les participants) et de coûter cher en modérateurs. Par ailleurs, les sociétés spécialisées dans la modération ne prennent que peu de risque et appliquent souvent un filtre très sélectif.
Rue89 a choisi un système de modération a posteriori : exclusion des messages illicites (racistes, méprisants, hors-sujet) et baisse de visibilité des trolls via un système de vote des commentaires. Par ailleurs, les auteurs des articles interviennent dans les débats qui suivent le post, ce qui permet de renforcer le lien de confiance entre le lecteur et le journaliste et d’améliorer la qualité des commentaires. Si on pousse un peu plus loin cette logique, les journalistes pourraient avoir pour responsabilité de faire la modération et la synthèse des commentaires (sorte de SAV, prolongement de l’article), ce qui implique cependant une grande quantité de travail.
Au sujet des synthèses de débat, Benoit Thieulin rapporte son expérience sur la campagne présidentielle. Tout d’abord, l’objectif du site étant la restitution synthétique de débats, il n’y avait aucun problème à organiser/diriger/modérer les discussions (modération a priori, via un système de filtre logiciel, de modérateurs et de réputation/pondération des contributions). La synthèse s’est faite par un travail manuel pour deux raison : 1°) les outils d’analyse sémantique n’étaient pas satisfaisants 2°) être capable d’expliquer chaque synthèse (contributions sourcées) sans se réfugier derrière un algorithme renforçait la confiance utilisateur.
Afin de traiter ces masses de commentaires, Ori Pekelman émet l’idée de catégoriser les contributions (« ceci est une : opinion / analyse / base factuelle / trait d’esprit/… ») et d’ajouter des filtres (« je ne veux voir que les opinions/que les apports factuels »). Dans la même logique on peut distinguer les commentaires qui font avancer le débat et ceux avec lesquels on est tout simplement d’accord, et y lier des profils (ce qui ne résout cependant pas le problème de l’évaluation des contributeurs par ses pairs).
Autre système de modération et de gestion des débats : la mise à disposition d’une multiplicité d’outils. Certaines contributions ont, par exemple, plus intérêt de se retrouver sur un chat ou en message privé. Et la modération peut consister à rediriger les conversations vers des formats plus adaptés (à ce sujet, quels outils pour quelles contributions ? cela rentre directement en rapport avec un des thèmes proposés pour les sessions à venir). Ainsi, la tension continuelle entre un idéal démocratique et un produit fini peut être ( ?) dépassée grâce à une palette d’outils large. De même, l’émotionnel (produit dérivé du débat mais aussi élément déclencheur du débat) peut être traité via des outils pertinents.
La pertinence des commentaires augmente lorsque les utilisateurs s’identifient (pseudo habituel ou véritable identité). L’historicité du débat devient alors importante car c’est ici que se forge la responsabilisation des participants (réputation). Un système type OpenId de réputation entre les différents sites de média sociaux pourrait permettre d’homogénéiser l’espace de débat… ou le fragmenter (système de filtre : je ne veux voir que les contributions des personnes qui pensent comme moi) avec la formation de « nods » de contributeurs (voir à ce sujet les scale-free networks).
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